La Turquie est probablement le pays où tes valises rentreront le plus chargées. Entre l’artisanat anatolien, une gastronomie qui voyage bien et des prix encore très doux par rapport à l’Europe, la tentation est partout, du Grand Bazar d’Istanbul au moindre marché de quartier. Le revers de la médaille existe aussi : faux tapis « antiques », or au gramme mal poinçonné et quelques règles de douane françaises qu’il vaut mieux connaître avant de remplir le sac. Ce guide passe en revue les 22 achats qui valent vraiment le coup, où les trouver au juste prix et comment éviter les pièges classiques.

Si tu n’as qu’une heure et un petit budget
Pas le temps de courir les bazars ? Cinq achats résument l’essentiel : des loukoums, un assortiment d’épices du sud-est (pul biber, sumac), un savon à l’huile d’olive, un nazar boncuğu (le fameux mauvais œil bleu) et un peshtemal, cette serviette de hammam plate qui sert aussi bien à la plage qu’en déco. Le tout tient dans un coin de valise, ne craint ni la chaleur ni les chocs, et coûte entre 40 et 80 euros pour une sélection complète. Si la partie gourmande t’intéresse au-delà des souvenirs, le tourisme gastronomique en Turquie mérite un article à lui seul.
Les souvenirs gourmands, le meilleur rapport plaisir-prix
C’est la catégorie reine : dense en saveur, compacte dans la valise et nettement moins chère qu’en épicerie fine française.
1. Loukoums (rahat lokum)
La friandise turque par excellence : une pâte gélifiée parfumée à la rose, au citron, à la pistache ou à la grenade, roulée dans le sucre glace. Le nom vient de l’arabe « rahat al-hulkum », littéralement le repos du gosier. La maison de référence s’appelle Hacı Bekir, fondée en 1777, ce qui en fait le plus ancien confiseur du pays. Tu trouves ses boutiques à Eminönü, Sultanahmet et Kadıköy. Compte 12 à 25 euros le kilo en boutique traditionnelle, et 5 à 15 euros pour les marques de supermarché comme Koska, très correctes pour offrir en quantité. Mon conseil : prends une boîte assortiment avec 8 ou 10 parfums plutôt que d’acheter un seul parfum au poids. Les loukoums se gardent 2 à 3 mois à température ambiante, donc aucun stress pour le retour.
2. Baklava de Gaziantep
De la pâte phyllo feuilletée, du sirop et des pistaches d’Antep : le baklava de Gaziantep est le seul à bénéficier d’une Indication Géographique Protégée européenne, obtenue en 2013. À Istanbul, l’institution s’appelle Karaköy Güllüoğlu, tenue par une famille de pâtissiers originaire de Gaziantep. Sur place, à Gaziantep même, c’est Imam Çağdaş qui fait référence. Le kilo se négocie entre 25 et 50 euros selon la maison. Attention à la conservation : un baklava frais ne tient que 7 à 10 jours. Pour le rapporter en France, demande une boîte sous vide en boutique, ce qui prolonge la durée de vie à environ un mois.
3. Thé turc (çay)
Le thé noir turc pousse sur les collines de Rize, au bord de la mer Noire, et les Turcs en sont les premiers consommateurs au monde, avec plus de trois kilos par personne et par an. La marque la plus répandue est Çaykur, la coopérative d’État, dont la qualité est régulière. Doğuş est l’autre grand nom. Un kilo coûte 8 à 15 euros. Et tant que tu y es, rapporte aussi quelques verres tulipe : le çay ne se boit pas dans autre chose.
4. Café turc
Le café turc est inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2013. Mouture extra-fine, préparation dans une cezve (la petite casserole en cuivre à long manche), aucun filtre. La référence absolue est Kurukahveci Mehmet Efendi, qui torréfie depuis 1871 dans sa boutique mère d’Eminönü, juste derrière le Bazar égyptien. La file d’attente devant le comptoir fait partie du folklore. Compte 15 à 25 euros les 250 grammes, et ajoute une cezve en cuivre (10 à 25 euros) pour refaire le rituel à la maison. Pour une version plus haut de gamme en coffret cadeau, la marque Selamlique fait de jolies boîtes.
5. Épices et piments d’Anatolie
Le Bazar égyptien d’Istanbul et les bazars régionaux d’Adana, Gaziantep ou Mardin vendent les épices au gramme, à des prix qui font mal quand on les compare à la France. Les achats malins : le pul biber d’Antep ou d’Urfa (un piment doux et fumé, signature de la cuisine du sud-est), le sumac pour les salades et le kebab, la salça (pâte de piment et de tomate à tartiner) et un mélange à köfte pour les boulettes. Prévois 5 à 15 euros les 100 grammes selon l’épice, et fais mettre le tout sous vide : les bocaux préemballés coûtent environ 30 % plus cher pour le même contenu.
6. Huile d’olive et olives
L’huile d’olive de la région d’Ayvalık et du golfe d’Edremit, sur la côte égéenne, n’a rien à envier aux meilleures grecques. Les marques Komili et Tariş sont fiables et faciles à trouver en supermarché, autour de 8 à 15 euros le litre de vierge extra. Côté olives, les Gemlik noires sont celles du petit-déjeuner turc. Bonne nouvelle pour la douane : huile et olives passent sans limite quantitative vers l’UE tant que ça reste de l’usage personnel.
7. Pekmez et halva
Deux douceurs moins connues qui valent le détour. Le pekmez est un sirop de raisin concentré, riche en fer, que les Turcs mélangent au tahini au petit-déjeuner. Le halva (helva) est une confiserie dense à base de sésame ou de semoule, déclinée en dizaines de variantes régionales. Les deux se trouvent partout entre 4 et 8 euros le pot et se conservent des mois.

Textile et artisanat tissé
8. Tapis et kilims
Le tapis est à la fois l’achat le plus prestigieux et le plus risqué de tout le shopping turc. Première chose à comprendre : un tapis (halı) est noué, épais, et son prix dépend de la densité de nœuds, alors qu’un kilim est tissé à plat, plus fin, avec des motifs géométriques, et beaucoup plus accessible. Pour 2 m², un kilim correct se trouve entre 80 et 400 euros en marché local, le double en boutique touristique. Un tapis en laine noué démarre vers 300 euros et grimpe à plus de 1 000 selon la finesse. Tout en haut de la pyramide, les tapis en soie de Hereke se chiffrent en milliers d’euros le mètre carré : c’est du grand luxe, à n’acheter qu’en connaissance de cause.
Les arnaques sont bien rodées : le tapis « antique de 100 ans » qui en a cinq (sachant que les vrais antiques de plus de 100 ans sont de toute façon interdits à l’export par la loi turque), le vendeur qui te promène pendant des heures, les promesses d’envoi par transporteur jamais tenues, et les pseudo « coopératives gouvernementales » qui sont des boutiques privées comme les autres. La parade tient en quatre réflexes : exiger un certificat d’authenticité avec la composition, demander une facture détaillée, comparer trois ou quatre boutiques avant de sortir la carte, et négocier 30 à 50 % sous le premier prix annoncé. Les arnaques classiques d’Istanbul commencent souvent précisément par une invitation à « juste regarder » des tapis.

9. Peshtemal (serviette de hammam)
Le peshtemal est cette serviette en coton tissé plat qui sèche en un clin d’œil, prend trois fois moins de place qu’une serviette éponge et fait très bien le job en serviette de plage, paréo ou jeté de canapé. Au bazar, compte 8 à 20 euros pièce, et jusqu’à 50 euros dans les boutiques de créateurs. Le seul critère qui compte : du coton 100 %, en évitant les mélanges synthétiques bas de gamme qui pendent tristement après deux lavages.
10. Foulards en soie de Bursa
Bursa est la capitale historique de la soie turque depuis le XVe siècle, quand la ville était l’étape finale de la route de la soie. Le lieu mythique pour acheter, c’est le Koza Han, le caravansérail du cocon en plein centre de Bursa, où les marchands de soie tiennent boutique depuis 1491. Les foulards en soie pure aux motifs ottomans s’y trouvent entre 25 et 90 euros selon la taille et la qualité. À Istanbul, la rangée Kalpakçılar du Grand Bazar en propose aussi, et Vakko reste la maison de luxe contemporaine pour les carrés haut de gamme.
11. Vêtements en cuir
Le cuir turc a bonne réputation, surtout pour les vestes et les sacs, grâce aux tanneries concentrées autour d’Istanbul. Une veste en agneau se négocie entre 80 et 300 euros, un sac entre 40 et 150. Les règles d’or : essayer systématiquement, inspecter les coutures, et faire préciser la matière exacte, car la frontière entre agneau, vachette et synthétique habilement présenté est parfois floue dans les boutiques les plus touristiques.
Bijoux, or et talismans
12. L’or du Grand Bazar
La rangée Kuyumcular Çarşısı du Grand Bazar aligne des centaines de bijoutiers, avec les prix au gramme affichés en temps réel sur le cours mondial. Mi-2026, le gramme d’or 24 carats tourne autour de 120 euros, un niveau historiquement élevé, donc vérifie le cours du jour avant de te lancer. Au prix du métal s’ajoute le façonnage, de 15 à 40 % selon la complexité de la pièce. Les caratages courants sont le 24K (or pur), le 22K (bijouterie traditionnelle turque) et le 18K (standard européen). Vérifie le poinçon et fais inscrire grammage et caratage sur la facture : c’est la seule garantie qui vaille.
13. Argent et pierres locales
L’argent turc se vend en 925 et reste très abordable. Côté pierres, la Cappadoce travaille l’onyx, et la Turquie possède même sa propre pierre précieuse : la zultanite, un diaspore extrait uniquement dans la région de Muğla, qui change de couleur selon la lumière. Une bague en argent avec pierre se trouve entre 25 et 150 euros au Grand Bazar ou dans les ateliers de Cappadoce.
14. Nazar boncuğu (le mauvais œil)
Le talisman bleu cobalt en verre, omniprésent du rétroviseur des taxis aux berceaux des nouveau-nés, est le souvenir turc par excellence : protecteur, joli et donné pour quelques euros. Compte 1 à 3 euros le petit, 5 à 15 le format moyen, et jusqu’à 80 euros les grandes pièces décoratives. Préfère le vrai verre soufflé au plastique : en entrechoquant doucement deux nazars, le verre rend un son clair et net que le plastique n’a pas.
Déco et objets pour la maison
15. Lampes en mosaïque
C’est la signature visuelle du Grand Bazar : des centaines de lampes ottomanes en pâte de verre coloré sur base de laiton, suspendues en grappes lumineuses. Les petites lampes de table démarrent à 30 euros, les grands modèles vont de 100 à 250 euros et les lustres dépassent les 300. Le vrai sujet, c’est le transport : les casses en avion sont fréquentes, donc exige un carton rigide et du film à bulles, et privilégie les modèles dont l’abat-jour se démonte.
16. Céramique d’Iznik et de Kütahya
La céramique d’Iznik, celle des mosquées ottomanes du XVIe siècle avec ses bleus profonds et ses rouges tomate, reste la plus belle production artisanale du pays. Aujourd’hui, les ateliers se concentrent à Iznik même et à Kütahya. Une assiette décorative se trouve entre 20 et 60 euros, un vase entre 80 et 300, et les pièces signées par un artiste montent à plus de 1 000 euros. Le test pour distinguer le fait-main de la production industrielle : retourne la pièce, une vraie céramique d’atelier porte la signature de l’artiste au dos.
17. Cuivre martelé
Les chaudronniers turcs (kazancı) forgent encore à la main théières, plateaux et cezve. Le bazar Kazancılar d’Adana est l’un des derniers endroits où on les entend marteler en travaillant, et le Bakırcılar Çarşısı de Gaziantep vaut aussi le détour ; le guide d’Adana détaille ce bazar étonnant. Une théière en cuivre coûte 25 à 100 euros, un grand plateau 80 à 300. Un détail qui compte si tu veux vraiment t’en servir en cuisine : seules les pièces étamées (recouvertes d’étain à l’intérieur) sont alimentaires, le cuivre brut est purement décoratif.
18. Pipes en écume de mer d’Eskişehir
Eskişehir est la capitale mondiale de l’écume de mer (meerschaum, lüle taşı en turc), une pierre blanche et poreuse qu’on ne trouve presque nulle part ailleurs. Les artisans la sculptent en pipes et en figurines d’une finesse remarquable, qui patinent en doré avec l’usage. Une pipe sculptée coûte entre 30 et 150 euros, à Eskişehir directement ou dans quelques boutiques du Grand Bazar. C’est le souvenir original par excellence pour un amateur.
Cosmétique et bien-être
19. Savon à l’huile d’olive
Le savon traditionnel turc se fabrique à base d’huile d’olive, parfois enrichi de laurier comme à Antakya (le fameux defne sabunu, cousin du savon d’Alep). Edirne a sa propre spécialité étonnante : des savons parfumés sculptés en forme de fruits, une tradition ottomane classée. Une barre coûte 3 à 8 euros, un coffret 15 à 25. C’est le cadeau passe-partout idéal : naturel, léger, incassable.
20. Eau de cologne (kolonya)
La kolonya parfumée à la rose, au citron ou à la fleur d’oranger fait partie de l’hospitalité turque : on t’en verse quelques gouttes sur les mains à l’entrée des maisons, des hôtels et même des bus longue distance. La maison la plus prestigieuse est Rebul, fondée en 1895 dans sa pharmacie de Beyoğlu, et Eyüp Sabri Tuncer est la marque populaire qu’on trouve partout. Compte 6 à 25 euros le flacon selon la taille et la maison.
21. Eau et huile de rose d’Isparta
Isparta, au nord d’Antalya, cultive la rose de Damas à perte de vue et alimente les plus grands parfumeurs mondiaux. Sur place ou dans les bonnes épiceries, l’eau de rose (gül suyu) coûte 5 à 12 euros et sert aussi bien en cosmétique qu’en cuisine. L’huile essentielle de rose, très concentrée, monte à 30-90 euros le petit flacon, ce qui reste très en dessous des prix français pour une qualité équivalente.
Le bonus qui ne rate jamais
22. Verres à thé tulipe (çay bardağı)
Le petit verre transparent en forme de tulipe est indissociable du thé turc. Vendu à l’unité (2 à 5 euros) ou en coffret de six avec sous-tasses (12 à 25 euros), il se trouve dans tous les bazars comme dans n’importe quel supermarché Migros. Avec un paquet de Çaykur, c’est le duo cadeau le plus simple et le plus efficace du voyage.
Où acheter, ville par ville
À Istanbul, le Grand Bazar (Kapalı Çarşı) reste l’expérience iconique avec ses 4 000 boutiques, mais ses prix sont calibrés pour les touristes : c’est l’endroit pour les tapis, l’or, les lampes et le cuir, à condition de marchander ferme. Pour la gastronomie, file plutôt au Bazar égyptien (Mısır Çarşısı) : épices, loukoums, café et fruits secs y sont plus authentiques et moins surcotés. Les marchés de quartier comme celui du mardi à Kadıköy donnent une autre dimension, celle où les Stambouliotes font réellement leurs courses. Et pour le textile de marque, Vakko, Beymen et Mavi (le jean turc) ont des boutiques dans tous les centres commerciaux.
À Antalya, la vieille ville de Kaleiçi concentre les boutiques artisanales et les ateliers de céramique, tandis que le marché de Konyaaltı du samedi matin reste très local. À Adana, le bazar des chaudronniers Kazancılar est l’adresse cuivre la plus authentique du pays. À Gaziantep, on vient pour le bazar du cuivre Bakırcılar et surtout pour le baklava chez Imam Çağdaş. À Bursa, le Koza Han pour la soie et le marché couvert pour les savons. En Cappadoce enfin, les ateliers de poterie d’Avanos travaillent l’argile rouge de la rivière Kızılırmak depuis les Hittites (Chez Galip est l’institution locale), et les coopératives de tapis d’Ürgüp et de Göreme complètent la visite ; le guide complet de la Cappadoce situe tout ça.
L’art de négocier au bazar
Le marchandage fait partie du jeu, et le vendeur serait presque déçu que tu payes le premier prix. La mécanique de base : diviser mentalement le prix annoncé par deux, puis remonter vers un compromis situé 30 à 40 % sous le tarif initial. Accepte le çay qu’on te propose, ce n’est pas un piège mais une marque de respect qui ouvre la discussion. Et si le prix bloque, fais mine de partir : la deuxième offre arrive souvent au moment où tu franchis le seuil. À l’inverse, trois erreurs ruinent ta position : montrer trop d’enthousiasme, manipuler un objet pendant dix minutes sans parler prix, et marchander là où ça ne se fait pas (les boutiques à prix fixe comme Mehmet Efendi, les supermarchés et les magasins de marque).
La détaxe : récupérer la TVA turque
La Turquie n’étant pas dans l’UE, les voyageurs français peuvent récupérer la TVA (20 % sur la plupart des produits, 10 % sur le textile) via le système tax free. Le seuil est bas : à partir de 1 000 TRY d’achats sur une même facture, soit moins de 20 euros, dans les magasins affichant le logo Global Blue ou Tax Free Point. Demande le formulaire en caisse avec ton passeport, fais-le viser au bureau de douane de l’aéroport avant l’enregistrement, puis choisis le remboursement en espèces sur place (avec une commission d’environ 10 %) ou sur ta carte sous quelques semaines. En pratique, la démarche vaut surtout le coup pour les gros achats type tapis, bijouterie ou cuir : pour trois boîtes de loukoums, la file d’attente au comptoir coûte plus cher en temps qu’elle ne rapporte.
Douane française : ce qui passe et ce qui ne passe pas
Côté alimentaire, tout ce qui est sec ou végétal passe sans limite pour un usage personnel : loukoums, baklava, épices, thé, café, huile d’olive, olives, miel, pekmez. Même chose pour l’artisanat : tapis, textile, cuir, céramique, savons et cosmétiques ne posent aucun problème. Les limites classiques s’appliquent au tabac (200 cigarettes par adulte) et à l’alcool (1 litre de spiritueux ou 2 litres d’alcool intermédiaire, plus 4 litres de vin), et la franchise globale est de 430 euros par voyageur arrivant par avion : au-delà, il faut déclarer et payer les droits.
Trois interdictions strictes à connaître. La viande, la charcuterie et le fromage ne peuvent pas entrer dans l’UE depuis un pays tiers, donc le sucuk sous vide finira à la poubelle de l’aéroport. Les antiquités de plus de 100 ans sont interdites à l’export par la loi turque 2863, avec un vrai risque de saisie et de poursuites : pour tout tapis ou objet « ancien », exige un certificat attestant qu’il a moins de 100 ans. Enfin, les plantes vivantes ne passent pas sans certificat phytosanitaire, et les bijoux de grande valeur doivent être déclarés au-delà de 10 000 euros.
Quel budget prévoir ?
| Profil | Budget shopping réaliste |
|---|---|
| Souvenirs basiques (loukoums, nazar, savon, verres à thé, épices) | 40-80 € |
| Un beau souvenir + gastronomie (kilim d’entrée de gamme, douceurs, cuivre) | 150-300 € |
| Amateur d’artisanat (kilim de qualité, céramique d’Iznik, lampe, bijou) | 500-1 200 € |
| Connaisseur ou collectionneur (tapis noué, or au gramme, écume de mer sculptée) | 2 000 € et plus |
À qualité équivalente, le shopping reste 30 à 50 % moins cher qu’en Europe, à condition d’acheter au bon endroit et de négocier. Pour replacer ces montants dans l’enveloppe globale d’un séjour, jette un œil à combien coûte un voyage en Turquie.
Exemple concret : la valise de souvenirs à 150 €
Pour fixer les idées, voici ce qu’un voyageur qui rentre d’une semaine à Istanbul peut rapporter avec environ 150 euros, le tout tenant dans un bagage cabine et se conservant sans frigo :
| Achat | Lieu | Prix |
|---|---|---|
| 500 g de loukoums assortis Hacı Bekir | Boutique Eminönü | 12 € |
| 250 g de baklava Karaköy Güllüoğlu | Karaköy | 18 € |
| 1 kg de thé Çaykur | Bazar égyptien | 10 € |
| 250 g de café Mehmet Efendi | Boutique Eminönü | 18 € |
| Pul biber + sumac + salça | Bazar égyptien | 18 € |
| 2 savons à l’huile d’olive | Marché | 8 € |
| 1 peshtemal | Bazar | 15 € |
| 1 nazar boncuğu moyen | N’importe quel bazar | 8 € |
| 1 coffret de 6 verres tulipe | Bazar | 20 € |
| 1 boîte cadeau de loukoums | Boutique | 22 € |
| Total | ~149 € |
De quoi couvrir huit à dix cadeaux pour la famille et les amis, sans un seul objet fragile ou périssable à court terme.
Verdict : qu’est-ce qui vaut vraiment le coup ?
Les valeurs sûres, à acheter les yeux fermés : tout le rayon gourmand (loukoums, baklava, café, thé, épices), les savons et la kolonya, le peshtemal et le nazar boncuğu. Excellents prix, qualité supérieure à ce qu’on trouve en France, zéro risque d’arnaque.
Les achats qui demandent de s’y connaître : les tapis et kilims (potentiel énorme mais marché opaque), l’or au gramme (intéressant uniquement si tu suis le cours mondial et vérifies le poinçon) et le cuir, dont la qualité est inégale d’une boutique à l’autre.
Et ce qu’il faut fuir : les « antiquités » sans certificat, les contrefaçons de grandes marques (saisies à la douane française, avec amende à la clé), et le tabac en grande quantité. Si c’est ton premier voyage, lire les pièges classiques tendus aux touristes à Istanbul avant de sortir la carte bancaire t’évitera les déconvenues les plus courantes.
Le marchandage fait partie des codes culturels à connaître avant de partir.
FAQ
Que rapporter de Turquie en priorité ?
Les cinq incontournables : des loukoums (Hacı Bekir, 12-25 €/kg), des épices du sud-est (pul biber d’Antep, sumac, salça), un savon à l’huile d’olive, un nazar boncuğu (1-15 €) et un peshtemal (8-20 €). Une sélection complète et représentative coûte entre 40 et 80 euros et tient dans un bagage cabine.
Combien coûtent les loukoums en Turquie ?
Entre 12 et 25 euros le kilo en boutique traditionnelle comme Hacı Bekir (fondée en 1777), et 5 à 15 euros en supermarché (marque Koska). Les boîtes assortiment de 500 g avec 8-10 parfums coûtent 20 à 40 euros et sont idéales en cadeau. Conservation : 2 à 3 mois à température ambiante.
Où acheter un vrai tapis turc ?
Évite les rabatteurs de Sultanahmet et compare toujours trois ou quatre boutiques avant d’acheter, au Grand Bazar, dans les coopératives de Cappadoce ou les maisons spécialisées de Hereke pour la soie. Exige un certificat d’authenticité avec la composition, une facture détaillée et, pour la douane, un certificat attestant que le tapis a moins de 100 ans (les antiquités sont interdites à l’export).
Le baklava se conserve-t-il pendant le voyage ?
Le baklava frais ne se garde que 7 à 10 jours. Pour le rapporter en France, achète-le en boîte sous vide (proposée par Karaköy Güllüoğlu ou Imam Çağdaş) : la conservation passe à environ un mois. Il voyage très bien en cabine.
Comment éviter les arnaques au shopping en Turquie ?
Trois réflexes : diviser le premier prix annoncé par deux et négocier vers 30-40 % de remise, ne jamais suivre un rabatteur de rue jusqu’à la boutique de son « cousin », et demander une facture détaillée pour tout achat supérieur à 50 euros. L’or et les tapis sont les deux marchés où la vigilance doit être maximale.
Peut-on récupérer la TVA en quittant la Turquie ?
Oui, via le système tax free, dès 1 000 TRY d’achats (moins de 20 euros) sur une même facture dans un magasin affilié Global Blue ou Tax Free Point. Il faut demander le formulaire en caisse avec son passeport, le faire viser à la douane de l’aéroport au départ, puis se faire rembourser en espèces (commission d’environ 10 %) ou sur carte bancaire. Rentable surtout pour les gros achats.
Quelles restrictions douanières pour rentrer en France ?
Sans limite (usage personnel) : loukoums, baklava, épices sèches, thé, café, huile d’olive, tapis, céramique, textile, savons. Limité : 200 cigarettes et 1 litre de spiritueux par adulte. Interdit : viande, charcuterie et fromage (règle UE pays tiers), antiquités de plus de 100 ans (loi turque) et plantes vivantes. La franchise globale est de 430 euros par voyageur en avion.
Acheter de l’or au Grand Bazar, bon plan ?
Oui, à condition de connaître le cours mondial du jour. Les prix au gramme sont affichés en temps réel dans la rangée Kuyumcular Çarşısı (autour de 120 euros le gramme d’or 24 carats mi-2026), avec un façonnage de 15 à 40 % en plus. Vérifie le poinçon, le caratage (24K, 22K ou 18K) et fais inscrire grammage et caratage sur la facture.