Weekend food à Gaziantep : 2 jours dans la capitale du baklava

Weekend food à Gaziantep : notre itinéraire gourmand de 2 jours dans la capitale mondiale du baklava, entre katmer, beyran, künefe, bazars et mosaïques.
Baklava à la pistache de Gaziantep

Durée idéale

1/2 jour

Budget / pers

0€

Période idéale

A venir

0€

Gaziantep ne se visite pas vraiment, elle se déguste. Capitale mondiale du baklava, inscrite par l’UNESCO au réseau des villes créatives de gastronomie, la grande cité du sud-est anatolien concentre en quelques rues un patrimoine culinaire qu’on met une vie entière à explorer ailleurs. Deux jours suffisent pourtant pour en saisir l’essentiel, à condition d’y arriver le ventre creux et l’esprit méthodique.

L’histoire millénaire de la ville, ses quartiers et la logistique d’arrivée sont détaillés dans notre guide complet de Gaziantep. Ce weekend-ci ne suit qu’un seul fil : la table. Baklava à la pistache verte, katmer au petit matin, beyran fumant, künefe croustillant, kebabs et mosaïques romaines entre deux bouchées. Un itinéraire de deux jours calé sur les horaires des maisons historiques, pour manger là où mangent les habitants.

En bref

  • Deux jours axés cuisine, dans la ville que l’UNESCO reconnaît comme capitale gastronomique de la Turquie.
  • Le baklava d’Antep tire son goût de la petite pistache verte locale, protégée par une indication géographique européenne depuis 2013.
  • Jour 1 : mosaïques de Zeugma, vieille ville, bazar du cuivre, première dose de baklava.
  • Jour 2 : beyran à l’aube, katmer en fin de matinée, bazar aux épices, musée de la cuisine, künefe au goûter.
  • Base parfaite pour prolonger vers le mont Nemrut, Şanlıurfa ou Mardin.

Pourquoi un weekend uniquement food à Gaziantep

Gaziantep, que les Turcs appellent souvent simplement Antep, n’est pas une ville pensée pour le tourisme. C’est une métropole de travail et de commerce, dense, sans plage ni carte postale, et c’est justement ce qui la rend précieuse pour un amateur de cuisine. On y compte, selon les chefs locaux, plusieurs centaines de plats propres à la ville : des dizaines de kebabs, autant de préparations d’aubergine, une trentaine de desserts. Vouloir tout voir en deux jours n’a aucun sens ; vouloir tout goûter, encore moins. Le parti pris de ce weekend est donc de manger bien, dans des maisons sûres, plutôt que de cocher des monuments.

La ville se prête bien à ce format court. L’aéroport de Gaziantep (GZT) reçoit plusieurs vols quotidiens depuis Istanbul, pour un peu moins de deux heures de trajet, et le cœur historique se parcourt à pied. Tu peux donc arriver un vendredi soir, poser tes bagages près de la vieille ville, et consacrer chaque repas à une spécialité précise. Le rythme est simple : on cale l’agenda sur les cuisines, pas l’inverse. Le beyran se mange au réveil, le katmer en fin de matinée, le baklava à toute heure, le künefe après un repas salé.

Jour 1 : mosaïques de Zeugma, vieille ville et premier baklava

Commence la journée par le musée des mosaïques de Zeugma, avant l’affluence. C’est le plus grand musée de mosaïques au monde : des sols entiers de villas romaines, sauvés de la cité antique de Zeugma avant sa mise sous les eaux d’un barrage, y sont présentés dans une lumière tamisée. La pièce maîtresse est la Fille Gitane (Çingene Kızı), un fragment du 2e siècle au regard suspendu, surnommé la Joconde de Zeugma et devenu l’emblème de la ville. Le musée ouvre à 8h30 et ferme à 17h ; l’entrée coûte environ 12 € pour les visiteurs étrangers. Compte deux heures.

À midi, cap sur la vieille ville pour un premier contact avec la cuisine salée. Le lahmacun d’Antep, galette de pâte très fine couverte de viande hachée épicée, sort du four brûlant et croustillant : c’est le déjeuner nomade par excellence. Les kebabs de la ville, souvent relevés de pistache ou d’aubergine, se dégustent dans les maisons du quartier. L’après-midi se passe à flâner dans le bazar du cuivre (Bakırcılar Çarşısı), où résonne encore le marteau des artisans qui martèlent plateaux et théières, puis autour de la forteresse. La citadelle (Gaziantep Kalesi) a été gravement endommagée par le séisme de février 2023 ; sa restauration s’est achevée fin 2025, mais renseigne-toi sur son état d’ouverture avant de monter.

Le soir venu, place au rituel qui donne son nom à ce weekend : le baklava. Deux maisons font autorité en ville. İmam Çağdaş, table plus que centenaire installée dans une ruelle du vieux quartier face à une mosquée, sert baklava et kebabs sous le même toit depuis la fin du XIXe siècle. Koçak Baklava, autre référence historique, se dispute avec elle le titre de meilleur baklava d’Antep. Dans les deux, la pâte feuilletée craque, la pistache verte parfume, le sirop reste léger : rien à voir avec les versions industrielles trop sucrées. Une part se compte en dizaines de lires ; un kilo à emporter grimpe vite à plusieurs centaines. Le nom des Güllüoğlu, dynastie de maîtres baklavacı, est lui aussi né dans cette ville avant d’essaimer à Istanbul.

  • Matin : musée des mosaïques de Zeugma, dès l’ouverture (8h30).
  • Midi : lahmacun et kebabs dans la vieille ville.
  • Après-midi : bazar du cuivre et abords de la forteresse.
  • Soir : baklava chez une maison historique (İmam Çağdaş ou Koçak).

Jour 2 : beyran à l’aube, katmer et bazar aux épices

Le deuxième jour se lève tôt, parce que la meilleure spécialité d’Antep se mange à l’aube. Le beyran est une soupe d’agneau longuement mijotée : os et viande cuisent des heures à feu doux, la chair est ensuite effilochée puis renvoyée dans le bouillon gras avec du riz, de l’ail et de la pâte de piment. On la sert brûlante, dès l’ouverture des lokantas. Metanet Lokantası en est l’adresse la plus réputée ; il faut y être avant 10h, plus tôt encore le weekend, sous peine de trouver les marmites vides. C’est un petit-déjeuner roboratif et populaire, à mille lieues du buffet d’hôtel.

En fin de matinée, change complètement de registre avec le katmer, le dessert du petit-déjeuner d’Antep. C’est une pâte étirée jusqu’à la transparence, repliée sur du kaymak (crème épaisse) et une pluie de pistache verte, dorée sur la plaque puis découpée en carrés. Katmerci Zekeriya Usta, maison spécialisée depuis les années 1920 et transmise de génération en génération, ne fait pratiquement que ça et ferme quand le service du matin s’achève. Un katmer se partage volontiers à deux ; compte quelques centaines de lires. Arrose le tout d’un café menengiç, breuvage régional tiré du fruit du pistachier sauvage, sans caféine et au goût boisé.

L’après-midi est fait pour les bazars couverts et la culture culinaire. Le Zincirli Bedesten, marché couvert d’époque ottomane restauré, aligne les étals d’épices, de fruits secs, de savons et d’objets en cuivre : c’est là qu’on rapporte pistaches, sumac et pâte de piment. Tout près de la forteresse, le musée de la cuisine Emine Göğüş, installé dans un ancien manoir de 1904 et présenté comme le premier musée culinaire de Turquie, raconte l’histoire des tables d’Antep à travers ustensiles et scènes reconstituées, pour une entrée symbolique de quelques lires. Termine par une part de künefe, ce kadayıf gratiné fourré au fromage et nappé de sirop, qu’on sert croustillant et fondant à la fois.

  • Aube : beyran chez Metanet, avant la rupture des marmites (10h max).
  • Fin de matinée : katmer au kaymak et pistache chez Zekeriya Usta.
  • Après-midi : Zincirli Bedesten pour les épices, musée de la cuisine Emine Göğüş.
  • Goûter : künefe et café menengiç.

Les spécialités à ne pas manquer

SpécialitéCe que c’estQuand la manger
Baklava à la pistachePâte feuilletée, pistache verte d’Antep, sirop légerÀ toute heure
KatmerPâte fine repliée sur kaymak et pistache, dorée sur plaqueFin de matinée
BeyranSoupe d’agneau mijotée des heures, riz, ail, pimentAu réveil, avant 10h
KünefeKadayıf gratiné au fromage, nappé de siropAprès un repas salé
LahmacunGalette très fine à la viande hachée épicéeLe midi
Café menengiçCafé de pistachier sauvage, sans caféineÀ la pause

Où manger : les maisons historiques vérifiées

Le sud-est anatolien regorge de bonnes tables, mais un weekend food se joue sur des valeurs sûres. Pour le baklava, İmam Çağdaş et Koçak Baklava restent les deux repères des habitants comme des voyageurs ; une boîte de leur baklava frais est le cadeau que tout Turc trie de rapporter d’Antep. Pour le katmer, Katmerci Zekeriya Usta fait référence depuis près d’un siècle. Pour le beyran, Metanet Lokantası se remplit dès le lever du jour. Ces quatre maisons suffisent largement à couvrir l’essentiel d’un weekend ; inutile de te disperser vers des adresses que tu ne connais pas.

Un mot sur la saisonnalité : la pistache verte fraîche se récolte à la fin de l’été, mais les maisons de baklava travaillent le fruit toute l’année, alors le goût reste au rendez-vous quelle que soit la période. Pense en revanche à réserver ou à venir tôt le weekend, car les meilleures adresses tournent vite. Et si tu veux prolonger l’expérience à table, la ville voisine d’Adana et son kebab épicé composent une escapade gourmande complémentaire à moins de deux heures de route.

Budget et pratique

PosteRepère 2026
Vol Istanbul – Gaziantep (GZT)Un peu moins de 2h, plusieurs rotations par jour
Musée des mosaïques de ZeugmaEnviron 12 € (visiteurs étrangers), 8h30–17h
Musée de la cuisine Emine GöğüşEntrée symbolique, quelques lires
Change indicatif1 € ≈ 53,5 TRY (mi-2026)
Part de baklava en maison historiqueQuelques dizaines de lires

Le taux de change évolue vite avec l’inflation turque : vérifie le cours du jour avant de partir. Sur place, les cartes passent dans les restaurants et les grandes boutiques, mais garde du liquide pour les étals du bazar et les petites lokantas. Une boîte de baklava figure parmi les meilleurs souvenirs à rapporter de Turquie : emballé sous vide ou en boîte hermétique, il se conserve quelques jours, le temps de rentrer.

Prolonger vers le reste du sud-est

Gaziantep sert de porte d’entrée à l’un des coins les plus riches de Turquie. À quelques heures de route au nord-est, les statues géantes décapitées du mont Nemrut se contemplent au lever du soleil, sur un sommet couronné de tumulus. À l’est, la ville de Şanlıurfa aligne son propre patrimoine culinaire et le sanctuaire néolithique de Göbekli Tepe, le plus ancien temple connu au monde. Plus loin encore, les ruelles de pierre et les monastères de Mardin dominent la plaine mésopotamienne. En greffant un ou deux de ces sites à ton weekend food, tu transformes une escapade gourmande en vraie boucle du sud-est.

Pour qui vient d’abord pour la cuisine, deux jours pleins à Gaziantep restent le meilleur investissement : c’est le temps qu’il faut pour goûter le beyran, le katmer, le baklava et le künefe sans se presser, et pour comprendre pourquoi cette ville de travail est devenue une capitale mondiale du goût.

Questions fréquentes

Deux jours suffisent-ils pour découvrir Gaziantep côté cuisine ?

Oui, pour l’essentiel. Deux journées pleines permettent de goûter les grandes spécialités (baklava, katmer, beyran, künefe, lahmacun), de visiter le musée des mosaïques et de flâner dans les bazars. Antep compte des centaines de plats, mais un weekend bien organisé en couvre les essentiels.

Pourquoi le baklava de Gaziantep est-il si réputé ?

Parce qu’il utilise la petite pistache verte d’Antep, une variété locale intense qui donne sa couleur et son parfum, et un savoir-faire de maisons centenaires. Le baklava d’Antep a d’ailleurs été le premier produit turc à obtenir une indication géographique protégée européenne, en 2013.

Où déguster le meilleur katmer d’Antep ?

Chez Katmerci Zekeriya Usta, maison spécialisée depuis près d’un siècle et transmise de génération en génération. Le katmer se mange le matin, quand la crème et la pistache sont fraîches, et la boutique ferme une fois le service du petit-déjeuner terminé.

Le musée des mosaïques de Zeugma vaut-il le détour ?

Oui. C’est le plus grand musée de mosaïques au monde, avec la célèbre Fille Gitane et des sols entiers de villas romaines. Il ouvre de 8h30 à 17h et l’entrée coûte environ 12 € pour les visiteurs étrangers. Prévois deux heures de visite.

Peut-on visiter la citadelle de Gaziantep en 2026 ?

La forteresse a été gravement endommagée par le séisme de février 2023. Sa restauration s’est achevée fin 2025, mais les modalités de réouverture au public peuvent encore évoluer : mieux vaut vérifier son état d’accès juste avant ta visite.

Comment rejoindre Gaziantep depuis Istanbul ?

En avion, c’est le plus simple : plusieurs vols quotidiens relient Istanbul à l’aéroport de Gaziantep (GZT) en un peu moins de deux heures. Le centre historique se parcourt ensuite à pied, ce qui rend le format weekend très confortable.

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