Ankara est la capitale de la Turquie mais reste largement ignorée des voyageurs étrangers qui lui préfèrent Istanbul. Pourtant, la ville possède le musée archéologique le plus important du pays (les Civilisations Anatoliennes), l’Anıtkabir (mausolée monumental de Mustafa Kemal Atatürk), une citadelle byzantine bien préservée et plusieurs vestiges romains rarement mis en avant. Surtout, Ankara permet de comprendre la Turquie moderne comme nulle autre ville. C’est aussi une escale logique dans un road trip de 2 semaines en Turquie entre Istanbul et la Cappadoce, en TGV ou en bus.
En bref :
– Anıtkabir : mausolée d’Atatürk, monument national gratuit, à voir absolument
– Musée des Civilisations Anatoliennes : 8 000 ans d’histoire anatolienne, dont les pièces hittites
– Citadelle byzantine et quartier d’Ulus : maisons ottomanes, artisans, vue panoramique
– Temple d’Auguste, bains romains : vestiges méconnus du centre historique
– Climat continental : meilleure période en mai-juin et septembre-octobre
– Escale idéale d’1 ou 2 jours entre Istanbul (TGV 3h45) et la Cappadoce (bus 4h30)
Les incontournables d’Ankara
L’Anıtkabir : le mausolée d’Atatürk

L’Anıtkabir est le mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République turque. Construit entre 1944 et 1953 dans un style monumental qui mêle hittite, antique et moderne, il domine la ville depuis sa colline de 850 m. Pour les Turcs, c’est un lieu de pèlerinage. Pour le visiteur, c’est aussi un site architectural impressionnant, avec sa longue allée de lions, sa place de cérémonie pavée et le mausolée central en pierre claire.
Le musée intégré sous le mausolée retrace la vie d’Atatürk et la guerre d’Indépendance turque (1919-1923) avec photos, objets personnels, documents et dioramas. Très bien documenté, prévois 1h30 à 2h pour ne pas survoler.
Pratique : entrée gratuite, ouvert tous les jours de 9h à 17h (18h en été). Tenue correcte requise (épaules couvertes). Très fréquenté les 19 mai, 30 août, 29 octobre et 10 novembre (anniversaires de fondation et décès d’Atatürk). Métro Anıtkabir (ligne Ankaray, station Tandoğan + 10 min à pied).
Le musée des Civilisations Anatoliennes
Le musée des Civilisations Anatoliennes (Anadolu Medeniyetleri Müzesi) est l’un des plus grands musées archéologiques de Turquie. Il a reçu le prix du Musée européen de l’année en 1997 et retrace 8 000 ans d’histoire anatolienne : néolithique de Çatalhöyük, Hittites, Phrygiens, Urartiens, Lydiens, Grecs, Romains.
Les pièces hittites sont particulièrement remarquables : statues colossales de lions et de divinités, bas-reliefs de Karkamış, inscriptions en cunéiforme. La collection de Çatalhöyük (objets cultuels néolithiques) et les bijoux phrygiens méritent eux aussi un détour ralenti.
Pratique : entrée ~300 TRY (~9 €), inclus dans le Museum Pass d’Anatolie. Ouvert mardi-dimanche, 9h-17h30. Bâtiment installé dans un ancien caravansérail ottoman du 15e siècle, en contrebas immédiat de la citadelle (accès à pied 5 min).
La citadelle d’Ankara (Ankara Kalesi)

La citadelle byzantine d’Ankara (8e-9e siècle, sur des fondations plus anciennes) est perchée sur la colline qui domine le centre. Le quartier intra-muros, dans le secteur d’Ulus, conserve un tissu de vieilles maisons ottomanes, d’artisans, d’ateliers de cuivre et de cafés en terrasse avec vue sur la ville. C’est l’endroit le plus dépaysant d’Ankara, à condition de prendre le temps d’y flâner.
La montée à la citadelle se fait à pied depuis Ulus (15 min). La vue depuis les remparts donne la mesure de la ville : 5 millions d’habitants étalés sur le plateau anatolien.
Pratique : accès libre aux remparts, ouvert toute l’année. Quelques restaurants typiques à l’intérieur de la citadelle (Kınacılar Evi, ambiance ottomane authentique).
Le temple d’Auguste et la mosquée Hacı Bayram
À 5 min à pied au sud de la citadelle, le temple d’Auguste et de Rome (Augusteum) est un vestige romain spectaculaire et trop peu visité. Construit au 1er siècle av. J.-C. sur un sanctuaire phrygien antérieur, il porte sur ses murs intérieurs l’inscription du Res Gestae Divi Augusti (le testament politique de l’empereur Auguste, en latin et en grec) : c’est l’une des copies les plus complètes au monde de ce texte fondamental.
Le temple est juxtaposé à la mosquée Hacı Bayram (15e siècle), lieu de pèlerinage soufi très vivant. Les deux monuments cohabitent sur la même esplanade, ce qui en fait l’un des contrastes les plus saisissants d’Ankara.
Pratique : accès libre toute la journée. Tenue couverte conseillée pour entrer dans la mosquée.
Les bains romains d’Ankara (Roma Hamamı)
Les bains romains d’Ankara, construits sous l’empereur Caracalla au 3e siècle, sont aujourd’hui un site archéologique en plein air dans le quartier d’Ulus. On y voit les fondations des trois salles classiques (frigidarium, tepidarium, caldarium), des hypocaustes (système de chauffage par le sol) et de nombreux fragments architecturaux exposés sur le pourtour.
Le site n’est pas spectaculaire pour qui ne s’intéresse pas à l’archéologie romaine, mais il complète bien la visite d’Ankara antique aux côtés de l’Augusteum et de la colonne de Julien.
Pratique : entrée ~50 TRY (~1,50 €). Ouvert mardi-dimanche, 9h-17h.
Kızılay et l’avenue Atatürk
Kızılay est le cœur moderne et commercial d’Ankara. L’avenue Atatürk (Atatürk Bulvarı), grande artère de la ville, traverse le quartier avec ses ambassades, ses ministères et ses grands magasins. La place Kızılay Meydanı est très animée le soir avec ses cafés, restaurants et terrasses. C’est aussi le quartier où se concentrent les hôtels business pratiques pour qui visite Ankara sans voiture.
Çıkış Sokak et Kuğulu Park
La rue Çıkış Sokak, dans le quartier de Çankaya (au sud), concentre la vie nocturne d’Ankara : bars tendance, restaurants, terrasses animées le week-end. Plus calme, Kuğulu Park (le parc aux cygnes) à proximité offre une vraie pause au milieu de la ville, avec ses cygnes, son étang et ses pelouses.
CerModern : Ankara contemporaine
Pour qui veut sortir du registre antique et national, CerModern est le centre d’art contemporain le plus actif de la ville. Il occupe une ancienne halle ferroviaire transformée en espace d’exposition à proximité immédiate de la gare. Programmation tournante (peinture, photo, design), café, librairie, ambiance jeune et locale.
Pratique : entrée ~100 TRY. Ouvert mardi-dimanche, 10h-19h.
Quand visiter Ankara : un climat continental
Contrairement à Istanbul ou Antalya, Ankara n’a pas de climat méditerranéen. À 900 m d’altitude sur le plateau anatolien, la ville connaît des étés chauds et secs (25-35 °C) et des hivers froids et enneigés (-5 à 5 °C). Les écarts thermiques journaliers peuvent atteindre 15 °C.
| Période | Température jour | Conditions | Recommandation |
|---|---|---|---|
| Mai-juin | 18-26 °C | Ensoleillé, doux | Idéal |
| Juillet-août | 28-35 °C | Chaud et sec | Praticable, prévoir hydratation |
| Septembre-octobre | 18-25 °C | Très agréable, lumière dorée | Idéal |
| Novembre-mars | -5 à 12 °C | Froid, neige possible | Charme hivernal mais prévoir vêtements chauds |
La meilleure période est mai-juin et septembre-octobre : températures clémentes, ciel dégagé, foule modérée. À éviter en pleine canicule (juillet-août) et en plein hiver si tu n’aimes pas la neige.
Comment se déplacer dans Ankara
Ankara dispose d’un réseau de transports publics correct mais éclaté entre plusieurs systèmes :
- Métro Ankara : 4 lignes (M1, M2, M3, M4) qui couvrent les principaux axes nord-sud et est-ouest
- Ankaray : ligne légère qui relie Aşti (gare routière) au centre, utile depuis le terminal de bus
- Başkentray : train suburbain qui relie l’aéroport Esenboğa à la banlieue (mais pas l’aéroport au centre directement)
- Bus EGO : large couverture de la ville et des quartiers excentrés
- Tramway historique : court tronçon dans le centre
Carte Ankarakart : indispensable, rechargeable en kiosque ou aux distributeurs des stations. Compte ~30 TRY pour la carte + crédits, un trajet revient à ~17 TRY (~0,50 €).
Taxi et VTC : taxis traditionnels (compteur obligatoire), ou application BiTaksi (équivalent local d’Uber) qui simplifie tout pour le voyageur étranger. Course centre-ville ~50-100 TRY (1,50-3 €).
Depuis l’aéroport Esenboğa (ESB)
L’aéroport international Esenboğa (code ESB) se trouve à 33 km au nord-est du centre-ville. Aucune ligne de métro directe à l’heure où on écrit ces lignes (un projet de prolongation est en cours).
Belko Air : bus officiel reliant l’aéroport à la gare routière Aşti via Ulus et Kızılay. Trajet 30-45 min selon le trafic, ~70 TRY (~2 €). Départ toutes les 30 min, 24h/24. C’est l’option la plus économique.
Taxi : ~600-800 TRY (18-23 €) selon l’heure et la zone d’arrivée. Plus rapide hors heures de pointe.
Voiture de location : disponible à l’aéroport, mais peu utile pour visiter Ankara intra-muros (parking limité, métro plus simple).
Où dormir à Ankara
Trois quartiers principaux selon ton profil de voyage :
Kızılay (centre, hôtels business pratiques) : 50-90 €/nuit
Le plus pratique pour un séjour de 1-2 nuits : tu es à pied ou en métro de tous les sites. Hôtels 3-4* fonctionnels (Hotel Sürmeli Ankara, Best Western Plus, Hotel İçkale). Beaucoup de restaurants et de cafés à proximité.
Çankaya (sud, résidentiel calme et haut de gamme) : 90-180 €/nuit
Quartier des ambassades, plus calme, meilleurs restaurants. Hôtels 4-5* internationaux (Sheraton Ankara, Swissôtel Ankara, JW Marriott Ankara). Idéal pour qui voyage en couple ou en business.
Ulus (vieux centre, charme ottoman) : 70-120 €/nuit
Le plus dépaysant : à pied de la citadelle, du musée et de l’Augusteum. Quelques boutique-hôtels installés dans des bâtiments historiques restaurés (Divan Çukurhan dans un ancien caravansérail ottoman, Angora House Hotel, Stone Hotel). Pour qui privilégie l’atmosphère sur le confort moderne.
Vérifie toujours les disponibilités sur Booking en filtrant par dates précises : certains boutique-hôtels d’Ulus n’ont qu’une dizaine de chambres.
Ankara en 1 jour : programme express
Si tu n’as qu’une journée (typiquement en escale entre Istanbul et la Cappadoce) :
- Matin (9h-12h) : Anıtkabir dès l’ouverture. Compte 1h30 à 2h.
- Midi : déjeuner dans Ulus, dans une lokanta locale (4-7 €).
- Après-midi (13h30-17h) : musée des Civilisations Anatoliennes (1h30) + montée à la citadelle + temple d’Auguste/Hacı Bayram (1h).
- Soir : dîner dans Kızılay ou Çankaya, selon ton hôtel.
Ce programme est dense mais faisable. Avec 2 jours, tu ajoutes les bains romains, CerModern et un peu de temps pour Kızılay/Kuğulu Park.
Ankara en transit : intégrer à un circuit
Ankara est sur le trajet naturel Istanbul-Cappadoce, en TGV puis en bus. Une nuit sur place permet de visiter sans se presser avant de rejoindre les cheminées de fée et les villages troglodytes de Cappadoce.
Train Istanbul-Ankara (YHT) : 3h45 depuis Pendik ou Söğütlüçeşme (côté asiatique). 100-300 TRY (3-9 €) selon classe et avance de réservation. C’est le mode le plus confortable et ponctuel, l’une des meilleures lignes ferroviaires du pays.
Ankara-Cappadoce : bus depuis l’otogar Aşti vers Nevşehir ou Göreme, 4h30 de trajet, 200-400 TRY (~6-12 €). Plusieurs compagnies (Metro, Kamil Koç, Nevşehir Seyahat).
Avion : vol Ankara-Kayseri (aéroport le plus proche de la Cappadoce) en 1h, environ 30-50 €. Plus rapide mais souvent plus cher que le bus, et avec transferts à prévoir aux deux bouts.
Budget et prix à Ankara
Ankara est sensiblement moins chère qu’Istanbul pour les repas, l’hébergement et les transports.
| Poste | Prix indicatif |
|---|---|
| Hébergement hôtel 3* | 50-90 €/nuit |
| Hébergement hôtel 4-5* | 90-180 €/nuit |
| Repas lokanta (cantine locale) | 3-6 € |
| Restaurant mid-range | 8-15 € |
| Anıtkabir | Gratuit |
| Musée Civilisations Anatoliennes | ~9 € |
| Bains romains | ~1,50 € |
| Trajet métro | ~0,50 € |
| Belko Air aéroport-centre | ~2 € |
| Train Istanbul-Ankara (YHT) | 3-9 € |
Le budget global d’un voyage de 2 semaines en Turquie détaille la répartition entre Istanbul, Ankara, Cappadoce et la côte méditerranéenne.
Pour un circuit qui combine Ankara avec Istanbul, la Cappadoce et la côte, demande un devis personnalisé : itinéraire, hôtels et transferts construits sur mesure.
Questions fréquentes
Ankara vaut-elle le détour ?
Pour les passionnés d’histoire, d’archéologie ou de politique turque, oui. Le musée des Civilisations Anatoliennes seul justifie un arrêt. L’Anıtkabir donne une lecture indispensable de la Turquie moderne. Pour les voyageurs en transit Istanbul-Cappadoce, une nuit sur place est idéale.
Ankara est-elle agréable à visiter ?
Ankara est une ville fonctionnelle, pas une ville de charme balnéaire comme Istanbul ou Izmir. Elle est propre, bien organisée et possède plusieurs quartiers agréables (Çankaya, Cebeci, Ulus pour le côté ottoman). Anıtkabir, le musée et la citadelle restent les trois vrais atouts. Ankara fait d’ailleurs partie des destinations turques méconnues qui valent le détour, loin de la foule des sites classiques.
Comment aller à Ankara depuis Istanbul ?
Train TGV (YHT) depuis la gare de Pendik ou Söğütlüçeşme (côté asiatique d’Istanbul) : 3h45, 100-300 TRY (3-9 €). C’est l’option la plus confortable, recommandée systématiquement. Les options de transport en Turquie couvrent train, bus et avion avec prix et conseils par trajet.
Quelle est la meilleure période pour visiter Ankara ?
Mai-juin et septembre-octobre offrent le meilleur compromis : 18-26 °C en journée, ciel dégagé, foule modérée. À éviter pleine canicule en juillet-août et plein hiver enneigé en janvier-février si tu n’es pas équipé.
Combien de jours faut-il pour visiter Ankara ?
Une journée suffit pour les trois incontournables (Anıtkabir, musée, citadelle). Deux jours permettent d’ajouter le temple d’Auguste, les bains romains, CerModern et de prendre le temps des quartiers (Kızılay, Çankaya, Ulus). Au-delà, la ville n’a pas vraiment de quoi t’occuper en touriste.
Où dormir à Ankara pour un court séjour ?
Pour une ou deux nuits avec visite express : Kızılay (centre, métro, hôtels business à 50-90 €). Pour un séjour plus contemplatif et culturel : Ulus (proche citadelle, charme ottoman, 70-120 €). Pour le confort haut de gamme : Çankaya (résidentiel calme, hôtels internationaux 90-180 €).


